La dernière édition de Lectures
partagées et de ses coups de cœur/de gueule de l’année 2016 a eu lieu le 16
décembre. L’occasion d’un rassemblement convivial et animé, pour partager
ensembles nos dernières découvertes littéraires. Pour cette fin d’année, une majorité de romans, et des
choix plus ou moins orientés autour du thème de l’humour…
Les amours d’Abelard et Eloïse
revus et corrigés par l’auteur. Les dessous de l’affaire dévoilés sous un jour
et un vocabulaire très coquin !
En 1118, le théologien Pierre Abélard est sollicité par un influent
chanoine pour prendre en charge l'éducation de sa nièce, la ravissante
Héloïse. Les charmes de la jeune femme vont éveiller en lui des émotions
jusque là totalement inconnues. Récit des amours tumultueuses et des
pratiques érotiques d'Héloïse et d'Abélard.
Dans un genre très différent,
autre conseil de lecture du même auteur : Mangez-le si vous voulez (où d’après un fait divers, le lynchage
gratuit d’un jeune aristocrate par un mouvement de foule, jusqu’au drame).
Premier livre de l’auteur, ayant
reçu parmi d’autres le Prix Goncourt des lycéens 2016.
Inspiré de son vécu, la peinture
actuelle et inspirée son enfance, de la liberté des steppes sauvages du Burundi,
à ses guerres intestines et enfin à son exil en France. On y retrouve des faits
d’actualités marquants, comme les premières élections au Burundi : passée
la liesse des premiers temps, l’assassinat du président et de la moitié du
Conseil marque le retour au pouvoir des factions et d’un climat de violence
omniprésente.
Sous une surface légère, le drame
et l’escalade dans l’horreur : le déchirement et la séparation des parents
du narrateur, sa mère rwandaise souffrant du mal du pays, son père un Français
vivant en colonialiste – la mort de son frère sous les bombes.
Les deux enfants survivants expédiés
en France – la fin du récit s’ouvrant sur la lumineuse nouvelle vie du jeune
immigré, vite amoureux de la langue française. Souvenirs en vrac, émotions et
fragments : quelque part la vie elle-même.
Un récit sensible et émouvant,
avec des approche philosophiques de la nature, de la vie, des gens et
rencontres…
Burundi, 1992. Gabriel a 10 ans. Il vit dans un confortable quartier
d'expatriés avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et
sa petite soeur Ana. Alors que le jeune garçon voit ses parents se
séparer, la guerre civile se profile et, par vagues successives, la
violence envahit le quartier. Prix du roman Fnac 2016, prix du Premier
roman français 2016, prix Goncourt des lycéens 2016.
Dans une petite ville à la fin de
la seconde guerre mondiale, la confrontation entre trois personnages : un
héros de guerre emprisonné, une jeune femme cultivée élevant son enfant à la
campagne, et un juge d’origine aristocrate, plus ou moins corrompu, appelé pour
donner son verdict à l’affaire. Plus un chien. Prenez bien garde au chien…
Une histoire poétique et humaine,
à bon suspense.
En 1919, le juge Lantier du Grez est, pour sa dernière affaire,
confronté à Morlac, un ancien poilu arrêté pour comportement anarchiste
lors d'un défilé : il avait décoré son chien de sa médaille militaire et
tenu des propos antimilitaristes. Entre l'aristocrate et le paysan, le
dialogue s'instaure peu à peu, faisant remonter les souvenirs d'une
époque tourmentée.
Roman porté à l’écran.
Dans les années 50 aux États-Unis, le récit des aventures rocambolesques d’un jeune garçon et de son
père, malmenés par les situations. Son seul parent irresponsable et accro aux
courses de chevaux, les deux bonhommes partent à la campagne chez un oncle
douteux, pour échapper à l’Assistance sociale. La rencontre d’une jeune femme,
des tueurs qui les poursuivent et les forces de l’ordre souvent ridiculisées –
de rebondissements en rebondissements, des péripéties de plus en plus cocasses et burlesques.
Malgré les situations réellement dramatiques dépeintes dans le récit, la
fraîcheur du point de vue de l’enfant désamorce l’ensemble et en fait une
lecture toujours aussi amusante.
La plus fantastique chasse à l'homme du siècle... confusion
indescriptible... véritable ruée de volontaires... une prime de 500
dollars... recherchée par le EBI, la police de 23 Etats et autant de
gangsters notoires, la ravissante et déjà célèbre Caroline TchouTchou se
serait enfuie presque nue dans les marais... toute la région participe
aux recherches... Décidément, on ne s'ennuie pas à la campagne et, s'il y
a des ploucs, ils gagnent à être connus... Finley le prédicateur
azimuté... Gimerson qui pleure ses cochons... Le shérif qui devient
fou... Et l'oncle Sagamore ! Celui-là, dans son genre, il confine au
génie... Ce n'est peut-être pas pour rien si tout se trame sur ses
terres... De quoi faire pleurer les z'honnêtes gens... Mais allez
prouver quoi que ce soit...
A nouveau un premier roman, mais
qui connaît déjà un grand succès.
Une femme japonaise immigrée aux
Etats-Unis, boit pour noyer son mal du pays. Soudain, un homme, défiguré, sonne
à sa porte. Il se présente comme son petit-fils, disparu dans les bombardements
de Nagasaki. Le refus, le déni, puis les souvenirs – heureux, honteux,
traumatisants - qui ressurgissent… L’occasion d’ouvrir enfin le journal intime
de sa fille, pieusement conservé mais jamais ouvert, pour se replonger dans le
passé et dérouler l’écheveau des événements.
Une forme de récit
originale : les chapitres, qui portent tous un titre, sont très courts et
commencent par l’explication d’un terme ou d’un comportement typiquement japonais,
qui permettent de mieux appréhender l’histoire et les réactions des personnages.
Tel un grand puzzle qui gagne à fur et à mesure en cohérence, petit à petit et pièce par pièce les histoires
croisées s’assemblent et se dessine le quotidien et la vie d’une famille
japonaise avant-guerre. Instructif et passionnant.
Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu
Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des
années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire,
mais comment savoir s'il dit la vérité ?
Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.
Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle...
Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.
Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle...
Dixième volume paru, la jeunesse et la première enquête de la série
de l’inspecteur Chen est enfin dévoilée... A nouveau fortement inspiré de l’expérience de l’auteur, celui-ci prend
d'ailleurs parfois directement la parole dans le récit.
Etudiant en littérature, voulant
se lancer dans la diplomatie, le jeune inspecteur Chen est soudain bombardé
policier à Shangai par la refonte du gouvernement chinois. Un polar sombre,
parfois sordide avec en fond la Révolution Culturelle de Mao et ses excès
épouvantables, ses plats exotiques et invraisemblables ; mais néanmoins
très poétique et émouvant. Où la misère peut côtoyer la grandeur d’âme et la
sollicitude, à l’image du lotus : issu de la vase, une fleur magnifique…
Très prenant et immersif.
Chen Cao a grandi au temps des dénonciations de masse et des excuses
publiques : "Honte aux intellectuels bourgeois !","le suis pourri du
coeur aux orteils, je mérite des milliers de morts !" Il a vu son père
accusé, sa famille humiliée. Des années plus tard, lorsque l'Etat lui
assigne un poste subalterne dans un commissariat de la ville, un drame
fait écho à ce passé de fils de "monstre noir". Fu, un commerçant de la
Cité de la Poussière Rouge, spolié sous Mao puis réhabilité et
grassement indemnisé, est retrouvé assassiné... Une affaire qui marquera
les premiers pas sur le terrain d'un poète de coeur devenu flic par
hasard. Pour ce dixième volet des aventures de l'incorruptible Chen, Qiu
Xiaolong dévoile la jeunesse de son personnage fétiche, sa toute
première enquête et les heures les plus sombres de la Révolution
culturelle, il y a cinquante ans. Il signe ici son roman le plus
personnel.
Un récit atypique et déstructuré,
plus ou moins inénarrable. Au 9ème siècle, deux jumeaux
mérovingiens. L’un raconte, l’autre voyage – dans l’espace, dans le temps.
Une fresque historique,
mythologique, patrimoniale : qui raconte la naissance de la langue Française, de
la Normandie… Assez difficile d’approche, mais émouvant, beau, sublime –
méditatif, philosophique… Poétique et particulièrement lyrique. 103 chapitres de différentes longueurs (le plus court faisant 4 lignes…) et aux
titres en langages variés : latin, allemand… Des références culturelles à
tous les points de vue.
Je n'ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m'émerveillent.
Rare l'instant où on voit sur les lèvres d'un enfant l'instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l'instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l'instant de bascule d'un système symbolique dans un autre: la date de naissance de leur langue, les circonstances, les lieux dans l'espace,le temps qu'il faisait dans le site, la rivière, les arbres, la neige.... C'est une chose extraordinaire que d'être resté en contact avec la contingence de l'origine.
Le français a cette chance. Le 14 février 842, un vendredi, à la fin de la matinée, sur le bord de l'Ill, dans un froid terrible, sur les lèvres des soldats francs, quand ils ont à proclamer leurs serments, une étrange brume se lève. On a appelé cette brume le "français". Nithard, le premier a écrit le français. Je vais vous raconter l'histoire de Nithard et de son frère jumeau.
Rare l'instant où on voit sur les lèvres d'un enfant l'instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l'instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l'instant de bascule d'un système symbolique dans un autre: la date de naissance de leur langue, les circonstances, les lieux dans l'espace,le temps qu'il faisait dans le site, la rivière, les arbres, la neige.... C'est une chose extraordinaire que d'être resté en contact avec la contingence de l'origine.
Le français a cette chance. Le 14 février 842, un vendredi, à la fin de la matinée, sur le bord de l'Ill, dans un froid terrible, sur les lèvres des soldats francs, quand ils ont à proclamer leurs serments, une étrange brume se lève. On a appelé cette brume le "français". Nithard, le premier a écrit le français. Je vais vous raconter l'histoire de Nithard et de son frère jumeau.
Dans les années 70, un des
pionniers de la bande dessinée adulte. Alors sans aucune censure ; ici 16
récits plus ou moins longs, à l’humour noir et mordant. Tout est sujet de
dénonciation et d’ironie : la société de consommation, la
surmédiatisation, la solitude, la paranoïa ambiante -l’égoïsme et la méchanceté
humaine. Attaquant tout particulièrement les gens « bien-pensants »,
pour qui tout va bien tant que tiennent les apparences – des chutes saignantes,
parfois grossières mais toujours d’un second degré grinçant.
Un homme envoie dix lettres pour
convier le même nombre d’auteurs très populaires à un débat littéraire dans un
monastère perdu, signant ces courriers « un cognito ». Entre Amélie
Latombe, Michel Ouzbek, David Mikonos et Tatiana de Roseray, les poids lourds
de l’édition se rassemblent pour cet événement très organisé… Mais dès
l’arrivée, rien ne se passe comme prévu.
Une déception pour le lecteur :
loin de la publicité du livre, de son goût un humour peu subtil, plus
revanchard qu’amusant.
Augustin Traquenard doit animer un débat littéraire dans un ancien
monastère des Alpes-Maritimes. Seront présents dix écrivains très
médiatiques, les poids lourds de l'édition : Frédéric Belvédère, Michel
Ouzbek, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Kathy Podcol,
Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de Moisson et Yann Moite.
Chacun a reçu un courrier anonyme le conviant pour le week-end dans
l'austère bâtisse reconvertie en résidence d'auteurs. Tout est fin prêt
pour l'événement : l'entrée du train en gare de Saorge, la rencontre
devant un public ravi de voir les stars de Saint-Germain-des-Prés, les
questions sur le thème "Littérature et modernité", le cocktail dînatoire
puis la séance de dédicaces. Mais rien ne se passe selon le programme.
Dès l'arrivée au couvent, l'histoire dérape. C'est bien connu, un bon
écrivain est un écrivain mort.

Énième titre sur nos chers félins
domestiques : une introduction mythologique et historique, une description
minutieuse des races suivi de nombreux conseils pratiques détaillés, au
quotidien comme en cas de symptômes ; tout pour conserver un animal
heureux et en bonne santé, et assurer à votre fauve une vraie vie de pacha.
Ce qu’on retient surtout de
l’ouvrage : des photos adorables, pleines de vie et en quantité.
Si l'on vous dit : Colette, Paul, Léautaud, Baudelaire...Vous pensez
immédiatement écrivains et poètes. Mais savez-vous qu'en plus de leur
immense talent, ils partageaient une même passion ? L'amour des chats...
Que d'encre ce petit félin n'a-t-il fait couler! Mystérieux,
envoûtant, attachant, indépendant... les qualificatifs ne manquent pas
pour tenter de cerner au mieux sa personnalité. Car de la personnalité,
il n'en manque pas. Et il le fait savoir ! C'est ce que révèle David
Alderton dans son livre Que pense votre chat ? Spécialiste de renommée
internationale, cet amoureux du chat nous enseigne comment "décoder"
chacun de ses messages. Vous apprendrez : à faire la distinction entre
un miaulement, un murmure, un cri de douleur et un hurlement ; à lire
ses différents signes de stress ; à savoir s'il est en colère, frustré,
affamé ou s'il s'ennuie à adapter votre langage vocal et corporel, afin
d'éviter les malentendus et améliorer ainsi votre relation. Vous
enrichirez vos connaissances : en découvrant les nombreuses races de
chats, afin de choisir celle qui correspond le mieux à votre
personnalité ; en pénétrant dans le monde étrange des facultés
surnaturelles des chats... leur sixième sens ; en parcourant
l'abécédaire du comportement félin qui vous propose toutes les solutions
pratiques pour répondre aux problèmes domestiques les plus fréquents :
détérioration du mobilier, les griffes, la perte d'appétit...
Merci pour cette sélection et
bonnes fêtes à tous.
Séance prochaine et première
session de 2017 de Lectures Partagées prévue pour le jeudi 19 janvier !